Le modèle de risque du suicide de Thomas Joiner



Screen Shot 2020-04-20 at 3.52.16 PM.png

Dans son livre "Why People Die by Suicide" (Pourquoi les gens meurent du suicide), Thomas Joiner (2006) met en avant plusieurs théories du suicide des deux siècles derniers. Sa théorie interpersonnelle et psychologique du suicide est très utile pour évaluer les risques au travail. Dans cette théorie, Joiner indique que les personnes qui se suicident n'ont pas seulement le désir de mourir mais elles ont également appris à dépasser leur instinct d'auto-préservation (voir l'image 1).

En d'autres termes, vouloir mourir, selon Joiner, est composé de deux éléments psychologiques: le sentiment d'être un poids pour les autres (perceived burdensomeness) et une déconnexion sociale de quelque chose de plus grand que soi (thwarted belongingness). Concernant le premier élément, l'accent est mis sur le terme "perception", car peu importe ce que le reste du monde voit, ce qui importe est comment la personne se voit elle-même. Souvent, la façon de penser est celle-ci: "Pour les gens qui m'aiment je serais mieux mort que vivant". La personne suicidaire a souvent perdu le sentiment d'avoir un but. Le second élément concerne le sentiment de connexion sociale. En temps qu'être humains nous sommes liés aux autres et lorsque ces liens sont rompus ou dissous, nous souffrons d'isolement.

Individuellement, chacun de ces deux éléments, n'est pas suffisant pour pousser la personne à l'acte suicidaire, mais ensemble avec une possibilité (ou de l'intrépidité), ils entraînent la personne dans un état de risque élevé de suicide. Depuis leur naissance, les êtres humains ont un fort instinct pour préserver leur propre vie. Joiner soutient qu'une série d'expériences douloureuses et difficiles au cours de la vie peut "immuniser" une personne contre la peur de la douleur et de la mort associée au suicide. Ces expériences peuvent être liées à des traumatismes et des abus, mais peuvent aussi comprendre des comportements à risque, des blessures dues au sport, ou une connaissance et une aisance avec les moyens mortels pour se suicider (ex: armes à feu, drogues mortelles). Cela explique pourquoi une précédente tentative de suicide est le meilleur indicateur d'une future tentative. Cependant, concernant les capacités du modèle, avoir vécu des expériences douloureuses et choquantes ou un attrait pour les comportements défiants la mort ne prédit pas en soi un suicide. Le risque est élevé quand les deux facteurs se croisent - quand un désir de se suicider rencontre la possibilité de le faire.